Références et Citations
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A l'occasion du cinquième centenaire de la mort de Michel Ange, rencontre du professeur Armando Nocentini, critique d'art connu et graveur de renom et du graveur Marc Dautry à Florence. |
| Le professeur Armando Nocentini écrit : ". . . A un texte d'une beauté et d'une puissance si élevées et à une édition aussi précieuse a donné finalement un grand apport, Marc Dautry, un artiste français de Montauban, un graveur d'extraordinaire capacité, un concitoyen de Jean-Dominique Ingres et de Bourdelle, amoureux comme eux de l'Italie et de notre culture. Il a saisi la haute qualité et la force de ce texte, qu'il sent profondément le génie de Michel Ange et de la civilisation florentine que ce grand incarne. Lui, l'a choisi, donc, par amour et après en avoir goûté chaque signification. Attiré par le monde plastique de Buonarroti, Dautry s'est apprêté a donner de la poésie de Michel Ange une interprétation sienne, qui toutefois est étroitement liée au texte et il a choisi comme instrument de son langage d'artiste et d'interprète, le burin. Et celui-ci est un instrument primordial, le plus naturel chez un graveur, mais un instrument terrible qui exige une exceptionnelle habileté et sûreté, une main ferme et sensible, en même temps pour suivre dans chaque plus secret parcours sur la plaque de métal ce que dictent le coeur et l'imagination. C'est un instrument péremptoire et viril qui réclame clarté d'idées et solidité de nerfs, qui ne tolère pas les incertitudes et n'admet pas les repentirs. Précisément pour ces exigences, son usage est devenu, aujourd'hui, fort rare parmi les artistes. Marc Dautry est un maître savant d'une technique de gravure, il a une vision limpide de ce qu'il veut représenter et sa main guide, rapide, avec sûreté et pénétration l'acier du burin à excaver le métal, à tracer les signes les plus subtils ou les plus décisifs et profonds, suivant docilement et fidèlement son émotion. Marc dautry a heureusement fixé dans les dix-sept feuilles qui illustrent les poèmes(. . .) les personnages, caractères et figures qui émergent dans la poésies de Michel Ange. Il l'a fait avec une profonde intuition psychologique et avec une richesse d'imagination, avec un langage toujours adapté à la nature du texte interprété, en tirant des feuilles d'une intense puissance expressive et de haute facture stylistique. Qu'on observe en particulier le centaure et Vittoria Colonna que Dautry a si bien portraiturée pensive et volontaire, "Ganymède", "Le Songe de Michel Ange" qui est, sans doute, une de ses pages les plus belles et suggestives. "La Nuit", si dense de valeurs chromatiques avec le livide éclair des lumières lunaires sur le corps immergé dans l'obscurité, et "Tomaso de Cavalieri", vivace et de virile énergie. Mais toutes les dix-sept gravures ont leur force persuasive de suggestion, en chacun de ces feuillets qui accompagnent le texte de Michel Ange, Marc Dautry a donné ample mesure de son goût, de sa maîtrise, de sa culture, d'une très fine préparation, hors du commun. Dans ces gravures, il a alterné avec sagesse les signes les plus subtils, souples et sinueux avec ceux plus crus et décidés, il a su tirer du métal chaque modulation de ton. Le burin qui, chez certains graveurs, peut devenir et devient souvent un froid instrument rigide et inerte, dans la main de Dautry est un moyen extraordinairement riche pour moduler son chant, pour exalter la forme, pour arrêter d'une façon péremptoire certaines valeurs de ton, profondes et décidées, et saisir avec délicatesse l'inconstant et tremblant éclair de la lumière. Marc Dautry, pourtant, sans forcer ou dénaturer les caractéristiques techniques du moyen dont il use, sait employer avec une telle sagesse qu'il en tire des délicatesses de signes et de valeurs de ton au point de l'apparenter à la richesse d'effets qu'on peut obtenir de l'eau-forte. Et comme art et poésie sont étroitement liés en Michel Ange, aussi bien étroitement lié à la poésie de Michel Ange est l'art de Marc Dautry, son fidèle, incisif et digne interprète." |
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